Bien avant que le bien-être porte un nom, St. Andrews-by-the-Sea l'offrait déjà.
En juin 1889, le St. Andrews Beacon publiait un mot d'accueil à l'intention des visiteurs de l'été. Il leur promettait de bonnes routes et de bons chevaux, une pêche abondante, la baignade, des bois où flâner toute la journée. Et à ceux que rien de tout cela n'attirait — à ceux qui avaient simplement besoin d'« un repos pour le corps et l'esprit » — il offrait une assurance tranquille : ils étaient au bon endroit.
L'air était l'essentiel. Le journal vantait un air pur, vif et revigorant, et affirmait, le sourire en coin, que quiconque repartait sans se sentir ragaillardi de corps et d'esprit était un cas désespéré. Les visiteurs savaient déjà de quoi il parlait. Ils arrivaient par le train ou par le vapeur pour respirer le sel porté par la baie, pour ralentir, pour rentrer chez eux plus légers qu'à leur arrivée.
On parle volontiers du bien-être comme d'une nouveauté — une tendance, un marché, tout un vocabulaire de récupération, de système nerveux et de rituels. Les mots sont récents. L'instinct, lui, ne l'est pas. On a toujours cherché les lieux où le rythme s'apaise et où l'air se ressent autrement dans les poumons. St. Andrews en faisait partie bien avant qu'on songe à le nommer ainsi.
Usva by-the-Sea n'a rien apporté de nouveau à la ville. Elle a renoué avec ce que la ville savait déjà. La chaleur, le froid et l'immobilité, face aux mêmes marées et au même air salin qui attiraient ces premiers visiteurs. Une salle de sel bâtie de blocs himalayens, à quelques pas de l'eau qui l'a inspirée. Le cycle est nordique. L'accueil, lui, est tout à fait St. Andrews.
L'air n'a pas changé. L'invitation non plus.